Garanties et Assurances : comment s’y retrouver !

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Que signifient vraiment « garantie de parfait achèvement », « garantie de livraison », « garantie décennale », « dommage-ouvrage », etc. ?

On confond souvent les diverses « garanties », ainsi que les diverses « assurances ».  Il y en a beaucoup dans une opération de construction, y compris pour une maison individuelle.
De façon générale, voici ce que représentent celles qui sont imposées par la loi dans le domaine des travaux de construction. Je ne tiens pas compte ici de certaines subtilités, pour être simple et clair : c’est déjà assez complexe comme ça…

Différence entre « Garantie » et « Assurance ».


Ce n’est pas du tout la même chose.

Une Garantie est l’engagement d’une personne (ou d’une société) à maintenir en bon état, réparer, etc. un ouvrage qu’il a réalisé, ou bien à réaliser cet ouvrage, tout simplement.
Une Assurance est l’engagement d’une personne (en fait, d’une personne morale : une compagnie d’assurance) de financer les réparations d’un ouvrage qui se révélerait défectueux, c’est-à-dire de vous verser la valeur estimée des travaux de réfection, et ceci  pendant une durée de temps déterminée, en général à partir de la réception des travaux.
Les primes d’assurance sont payées par le professionnel qui réalise les travaux qui sont couverts par l’assurance.

Donc :
La garantie est due en général par le professionnel  lui-même : artisan, cmi, architecte, bureau d’études, etc.
L’assurance est due par une compagnie d’assurance (c’est un tiers : il n’a pas signé les contrats de travaux) au titre des garanties dues par son client, le professionnel.

Les GARANTIES imposées par la loi sont :

AVANT la fin des travaux (avant leur Réception) :

La « Garantie de livraison à prix et délais convenus » : seulement avant la Réception
Elle n’est obligatoire que pour qui se charge de la réalisation d’un logement neuf (comme une maison individuelle) et qui s’engage à vous vendre au moins le gros-œuvre  et les menuiseries extérieures (portes, fenêtres… ce qu’on appelle le « hors d’eau – hors d’air), c’est-à-dire soit un promoteur immobilier (vous achetez un appartement sur plans : VEFA), soit un contrat de construction d’une maison individuelle (CMI).

Comme une assurance, cette garantie est assurée par une personne tierce (qui n’est pas partie prenante dans le contrat avec le client, par exemple le CMI ne peut pas faire lui-même une telle garantie de livraison). Il faut que ce soit un organisme financier (banque, assurance, etc.) de solvabilité notoire.

Cette « Garantie de livraison » n’existe que pendant les travaux, elle disparaît automatiquement et logiquement dès que  le bâtiment est livré, c’est-à-dire le jour de la réception des travaux. Elle n’a absolument rien à voir avec les assurances des travaux, telle que la garantie décennale.

Cette « Garantie de livraison à prix et délais convenus » peut être également prévue dans tous les autres cas que CMI (où, là elle est obligatoire) ; il n’est pas interdit de la contracter en « direct artisans », ou avec un architecte, etc. Par contre, elle est contraignante : en plus de son coût, comme pour le CMI, le garant exigera normalement que le professionnel fasse une marge brute importante entre le prix de vente et le prix de revient, c’est-à-dire entre le montant du contrat-client à recevoir et le total des sous-traitants à payer (en général, 25% minimum de marge imposée, d’après ce que des garants ont pu me dire – la marge brute des CMI étant de l’ordre de 30%). Cela va donc considérablement alourdir le coût des travaux !

La « Garantie de livraison » est en général assortie d’une franchise de l’ordre de 5% (à vérifier sur les clauses du contrat de garantie). C’est-à-dire que si elle doit intervenir, elle demandera d’abord au client de payer en plus 5% du montant du contrat, puis elle se chargera du reste. Ce qui veut dire que le client devra donc avoir payé 100% + 5% = 105% du prix du contrat. Avec une garantie de livraison, le client est sûr de ne pas payer plus que… 105% du prix convenu.

Nota : le contrat CMI impose en plus de la « garantie de livraison », une « garantie de remboursement des acomptes », tant que les clauses suspensives (obtention du permis de construire, du prêt…) sont toujours en vigueur. Cette « garantie de remboursement des acomptes » disparaît dès que le contrat est devenu définitif, c’est-à-dire quand vous pouvez juridiquement commencer les travaux.

Nota bis : le contrat des Architectes d’Aujourd’hui prévoit à la fois qu’il n’y aura pas d’avance – on ne paie que les travaux faits et bien faits – et que les artisans s’engagent sur un prix global forfaitaire. Ainsi le risque financier est maîtrisé, on peut se dispenser d’une garantie de livraison coûteuse, et on évite beaucoup de stress en empêchant ce risque financier.

Stitched Panorama

APRÈS  la fin des travaux (après leur Réception) :

Garantie de parfait achèvement : pendant 1 an après la Réception

La loi dit que tout entrepreneur (artisan, cmi, …) doit garantir, pendant 1 an après leur réception, que les ouvrages qu’il a réalisés resteront en « parfait état » (sauf l’usure normale ou une dégradation accidentelle), c’est-à-dire que tout artisan doit revenir, à ses frais et indépendamment de toute assurance,  pour rectifier tout ce qui n’irait pas.

Ce qui veut dire que pendant cette première année qui suit la Réception, c’est-à-dire pendant l’année de « parfait achèvement », un artisan ou un cmi ne peut pas vous dire : « Ah, pour ça, je fais une déclaration de sinistre,  je préviens mon assureur, il prendra la suite de cette affaire ». Non, il vous doit cette réparation. Qu’il contacte ou pas son assureur n’a pas à entrer en ligne de compte, il peut le faire de son coté s’il veut, mais vous n’avez pas à en tenir compte (c’est son affaire, vous n’avez pas à avoir à faire avec son assureur).

Seuls les sinistres entrant sans conteste dans la « Garantie décennale » ne sont pas compris dans la « Garantie de parfait achèvement ». Dans ce cas seulement, c’est la procédure de déclaration de sinistre qui se met en route.

Garantie de bon fonctionnement : pendant 2 ans après la Réception

La loi dit que tout « constructeur » (au sens juridique du terme : artisan, cmi, architecte, bureau d’études,…) doit garantir, pendant 2 ans après leur réception, les ouvrages de fonctionnement dissociables du gros-œuvre ou qui ne sont pas strictement indispensables pour habiter (dans le cas d’un logement). Cela concerne par exemple : un robinet, une prise courant, une serrure,… Pour les menuiseries, le cadre scellé au gros-œuvre relèverait de la garantie décennale et l’ouvrant (démontable) de la garantie de bon fonctionnement. Idem pour les canalisations, suivant qu’elles sont scellées dans le gros-œuvre (garantie décennale) ou apparentes (garantie de bon fonctionnement).

La Garantie de bon fonctionnement est donc « de droit ». Elle existe toujours, on ne peut pas s’en dispenser (même si un contrat le disait, ce serait une clause illégale, donc nulle). Par contre, il n’y a pas d’obligation d’assurance expresse pour elle. L’artisan vous doit cette garantie, mais il est possible qu’il ne soit pas assuré pour cette garantie-là. Dans ce cas, il vous la garantit sur ses biens propres. Si l’artisan n’existait plus quand survient le dommage, vous n’aurez personne contre qui vous retourner, à moins que vous ayez pris un architecte, évidemment.

En fait, cette garantie est considérée comme étant une extension de la Garantie décennale. Elle prend donc la forme d’une « option » de la Garantie décennale. Vous devrez absolument vérifier qu’elle est bien mentionnée dans l’attestation d’assurance décennale que le professionnel vous remettra.

Garantie décennale : pendant 10 ans après la Réception

La loi dit que tout « constructeur » (là aussi au sens juridique du terme : artisan, cmi, architecte, bureau d’études,…) doit garantir, pendant 10 ans après leur réception, les ouvrages de structure (gros-œuvre, charpente, …) qui assurent la solidité (stabilité) du bâtiment, ou ceux qui le rendraient impropre à sa destination, c’est-à-dire qui rendrait les lieux inhabitables pour un logement.

La Garantie décennale est elle-aussi « de droit ». Elle existe toujours, on ne peut pas s’en dispenser (même si un contrat disait le contraire, ce serait une clause illégale, donc nulle). Par contre, il est obligatoire d’être assuré pour cette garantie, auprès d’une compagnie d’assurance tierce (on ne peut pas « s’auto-assurer »).  Vous devez donc vérifiez là-aussi que le professionnel vous remettra une attestation d’assurance décennale (et pensez à vérifier à cette occasion qu’il y a bien l’option « Garantie de bon fonctionnement » de 2 ans).

Nota : Attention à une bizarrerie : les dates de validité de l’assurance doivent comprendre le jour où le chantier global est ouvert, pas forcément le jour où les travaux sont faits ! Par exemple, pour un chantier ouvert en novembre 2017 (terrassements, fondation, etc.), le carreleur doit avoir une attestation d’assurance valable en novembre 2017, même s’il ne fait les travaux qu’en mai 2018 ! et même s’il n’est plus assuré en mai 2018 (ce qui serait inquiétant par ailleurs, mais qui ne remet pas en cause sa garantie décennale : il reste assuré et donc vous restez couvert).

L’assurance Dommage-Ouvrage

C’est une assurance complémentaire, mais elle ne correspond pas à une extension de garantie. Elle assure les mêmes travaux, suivant les mêmes garanties légales (décennale 10 ans avec option « bon fonctionnement » 2 ans).  En prenant cette assurance, vous payez une prime d’assurance qui correspond au service qu’apporte l’assureur D-O : en cas de déclaration de sinistre, c’est lui qui gère la gestion du sinistre, vous n’avez à faire qu’à lui.

Mais ce n’est pas parce que vous n’avez pas de D-O que vous ne serez pas assuré en décennal : les assurances des artisans, architecte, cmi, bureau d’études, etc. restent de toute façon valables, qu’il y ait D-O ou pas (par exemple, vous n’aurez pas de remise de prix sur chacun de ces professionnels parce que vous aurez payé un D-O, chaque professionnel paiera de toute façon sa propre prime d’assurance).

Nota : bizarrerie de la loi là-aussi, l’assurance D-O est obligatoire pour tous, mais aucune sanction n’est applicable aux particuliers (personnes physique) qui construisent leur logement pour eux-mêmes ou pour leurs ascendants ou descendants. Attention, vous devez construire pour vous-même, et vous ne devez pas être une société (par exemple une SCI familiale : personne morale ! donc D-O obligatoire et sanctionnable). Vous ne pouvez pas non plus faire faire vos bureaux ou atelier, etc. sans D-O : ce sera sanctionné car ce ne sont pas des logements. Il s’agit de sanctions pénales, amende financières et (très éventuellement, quand même) emprisonnement…

L’assurance Responsabilité Civile

Il est très important que tous les professionnels à qui vous vous adresserez soient également assurés en Responsabilité Civile. Les assurances que l’on vient de voir ne couvrent strictement que les travaux proprement-dits, pas les autres dommages qui peuvent résulter du chantier. Par exemple, si un artisan dégrade le toit du voisin en enduisant la façade et provoque un sinistre, les assurances (décennales, etc.) n’interviendront pas, car il ne s’agira pas des travaux que vous avez commandés (vous n’avez pas commandé les travaux de toiture de votre voisin, ce n’est pas l’enduiseur qui a construit le toit du voisin). C’est donc l’assurance de l’artisan qui paiera les dégâts. Et votre voisin pourra s’il le veut se retourner contre vous, en tant que maître d’ouvrage de l’opération (par exemple si l’artisan n’est pas assuré en Responsabilité Civile).

Vous devrez donc vérifier que tout le monde est également bien assuré en Responsabilité Civile – votre architecte le fera pour vous.

Enfin, un architecte (c’est-à-dire un professionnel inscrit au Tableau de l’Ordre des architectes) vous doit une garantie qui est propre à notre profession et correspondant au Code de Déontologie des architectes :

https://www.architectes.org/code-de-deontologie-des-architectes

Pour résumer, voici un Tableau récapitulatif :

Comment choisir son isolant ?

par Charles Edouard BERTRAND, Architecte d’Aujourd’hui 

 

 

 

 

Le monde des isolants est très vaste et en perpétuelle évolution. Vouloir faire un choix peut devenir très vite compliqué.

Plusieurs critères sont à prendre en compte pour vous permettre d’orienter au mieux vos choix. Je vous en propose quelques-uns pour vous permettre de vous éclairer mais la liste pourrait facilement s’allonger. Tout au long de cet article, vous constaterez que je fournis quelques exemples pour illustrer mon propos. Cela n’est en rien un choix exhaustif, les matériaux présents à ce jour sont extrêmement nombreux et il m’est impossible de tous les recenser ou les citer.

 

La performance thermique

Certainement le critère qui vient rapidement à l’esprit. Un isolant doit … isoler. Sa performance thermique est évaluée grâce au coefficient de conductivité thermique qu’on nomme  « Lambda ».

C’est la capacité qu’ont les matériaux à transmettre la chaleur. Plus ce chiffre est faible, plus l’isolant sera efficace. C’est un chiffre qui se trouve facilement sur les descriptifs de matériaux isolants et qui est souvent indiqué à côté d’un autre terme, la résistance thermique, appelée R. Une formule lie ces deux chiffres :  où e est l’épaisseur de l’isolant (à exprimer en mètre !).

Vous l’avez compris, plus  est petit, plus R est grand ! Mais aussi plus l’épaisseur du matériau est importante, plus le flux de chaleur qui cherche à le traverser rencontre de résistance et donc plus R est grand…

 

 Ouate de cellulose soufflée en isolation de dalle bois

Quelques exemples d’isolants à très fort pouvoir isolant :

Xénon (λ=0.005)

Argon (λ=0.017)

Aérogel (λ=0.018)

Polyuréthane (λ=0,024)

Laine de verre (λ=0.032 à 0.038)

Fibre de bois ( λ=0.038)

 

Le déphasage et l’amortissement

Oui mais attention à ne pas se laisser embobiner par les chiffres que vantent les fournisseurs d’isolants qui ne vous parlent que de la protection contre le froid. Une notion est très souvent oubliée et pourtant de plus en plus importante, il s’agit du confort d’été. Les isolants ont une capacité plus ou moins importante à contenir et atténuer la diffusion de la chaleur. On parle alors de déphasage (temps écoulé entre le pic de chaleur extérieur et le pic de chaleur intérieur) et d’amortissement (proportion de chaleur extérieure transmise à l’intérieur). Un amortissement de 20% signifie que seule 20% de l’onde de chaleur extérieure parvient à l’intérieur.

Un isolant présentant un bon déphasage demandera 8 à 14h avant que la chaleur extérieure ne rentre à l’intérieure de votre habitation. Cela signifie que la chaleur commencera à entrer pendant la nuit, période où la fraîcheur s’installera à l’extérieure. Et inversement en journée c’est la fraicheur de la nuit qui entrera dans votre habitation. Un bon déphasage permet de diminuer les variations de températures entre le jour et la nuit.

  Amortissement (%) Déphasage (heure)
30cm de laine minérale seule 99 3
30cm de fibre de bois souple 53 7
30cm de fibre de bois haute densité 13 14

Les isolants minéraux (laine de verre, laine de roche) sont très médiocres en terme de confort d’été. Le déphasage est très rapide et surtout la quasi-totalité du flux de chaleur extérieur pénètre à l’intérieur de l’habitation. Vous avez certainement connus une fois dans votre vie ces combles intenables en plein été isolés par de la laine de verre…

Pose d’une isolation soufflée en coton en combles non aménageables

Attention, les valeurs de déphasage et d’amortissement sont différentes lorsque sont pris en compte les matériaux de construction accompagnant l’isolant (parpaing, béton, brique, bois…) et qui jouent un rôle plus important encore dans le cadre de ces deux notions.

La performance phonique

Souvent négligée, elle est pourtant source de nombreux conflits, de perturbations diverses au sein d’une habitation ou d’un groupe de logements. Il s’agit de réduire les bruits d’une pièce à l’autre (mur, plancher) mais également les nuisances sonores extérieures (avions, voitures,…)

                                                                Ajout d’une isolation en sous-face de toiture en panneau de laine de bois pour pallier la mauvaise performance phonique d’un isolant en polyuréthane posé sur support de toiture terrasse.

Un bon isolant phonique est un isolant présentant généralement une densité plus importante.

Les caractéristiques phoniques des matériaux sont exprimées en décibels, dB. On parle d’affaiblissement acoustique (Rw) concernant les bruits aériens. Plus Rw est grand, plus le matériau est efficace.

Pour obtenir un bon résultat, il ne suffit pas seulement de choisir un isolant approprié mais de mettre en œuvre la bonne technique de construction en prenant en compte le système masse-ressort-masse (il s’agit de la loi des masses, vaste sujet que je ne détaillerai pas dans cet article)

Parmi les bons isolants phoniques, on peut citer la ouate de cellulose, la fibre de bois,… Ils sont en fait nombreux ! Plus le matériau est dense, meilleure est son efficacité phonique, mais moins bonne est son efficacité thermique…. Il faudra donc trouver le bon équilibre thermique/phonique…

Les mauvais élèves sont les panneaux de polyuréthanes, polystyrène,…

Le prix

Un des critères les plus importants et faisant souvent pencher la balance (à tort !) est le coût du matériau.

A ce jeu-là, la laine de verre est la reine. Mais seulement à ce jeu-là…

Aujourd’hui de nombreux matériaux plus écologiques ont vu leur coût baisser grâce à une production en hausse mais restent en effet toujours un peu plus chers que la laine minérale. Sur le coût d’une construction neuve, la pose de matériaux isolants tels que la ouate de cellulose, la fibre de bois, la fibre de lin, coton, chanvre représente un surcoût de 2000 à 4000€ environ.

Mais posez-vous la question : ne vaut-il pas mieux réduire la surface de ma maison de 1 à 2m² afin de me permettre pour le même budget de profiter de tous les avantages d’un isolant haut de gamme ?

Je ne peux que vous inviter à consulter un Architecte d’Aujourd’hui qui saura concevoir votre maison aux plus proches de vos besoins et optimiser les espaces afin de vous permettre de vous offrir des matériaux de qualité.

L’environnement – la santé – la nocivité

Je viens de vous parler d’isolant haut de gamme mais j’ai pensé isolant écologique… Parce que cela est également un critère à prendre en compte dans vos choix. Souhaitez-vous utiliser des matériaux renouvelables, recyclables, nécessitant très peu d’énergie grise pour leur fabrication, non nocifs pour votre santé ?

Les champions sont la paille, la chènevotte, le liège, la fibre de bois, la ouate de cellulose en vrac…

Les très mauvais élèves sont le polyuréthane, polystyrène, laine de verre,…

© Cstb. Test de réaction au feu d’une paroi en caissons isolés avec des bottes de paille.

J’ai évoqué la notion d’isolant haut de gamme à tort, car cela fait penser que leur prix est inabordable. Aujourd’hui une ouate de cellulose soufflée coûte quasiment le prix d’une laine de verre. Ces isolants présentent en réalité le meilleur rapport qualité/prix. Leurs performances sont exceptionnelles et cerise sur le gâteau, ils sont respectueux de l’environnement…

J’évoque également la notion de nocivité notamment lors de la pose ou des incendies.

A la pose, ne vous leurrez pas, je vous recommande fortement de porter des protections adaptées (lunettes, masques,…) quel que ce soit le type d’isolant utilisé. Certains matériaux comme les isolants minéraux provoquent des irritations de la peau ou des poumons. Les dangers sont bien connus. Mais attention à la pose d’isolants dits naturels. Les poussières sont importantes (ouate soufflée, panneaux de fibre de bois) et peuvent vous irriter les yeux et les poumons même si j’ignore si les dégâts sont identiques à ceux causés par les isolants minéraux. Par contre vous ne ressentirez pas d’irritation de la peau. Certains matériaux sont même très agréables au toucher comme les mélanges chanvre-lin-coton par exemple.

En cas d’incendie, certains matériaux dégagent des fumées extrêmement nocives, voire mortelles, comme les polyuréthanes, polystyrènes. Ces vapeurs nocives se retrouvent également lors de la coupe à chaud de ces matériaux. Soyez prudents !

D’autres matériaux sont difficilement inflammables, ne propagent pas la flamme ou n’émettent pas de gaz toxiques. On peut citer les fibres de bois, ouate de cellulose.

Enfin certains matériaux sont ininflammables comme le verre expansé, la mousse de verre, la perlite expansée, l’argile expansée…

La performance hygrométrique

Une autre notion importante à prendre en compte est la capacité du matériau à conserver ses propriétés isolantes lorsqu’il subit des variations hygrométriques.

Une habitation est confortable lorsque la température est agréable (entre 18 et 24°C environ selon les saisons) mais également lorsque le taux d’humidité respecte une certaine plage (40-60% environ)

Isolation en botte de paille, mortier chènevotte. Technique GREB

Une maison étanche à la diffusion de la vapeur d’eau (isolant polystyrène par exemple) va empêcher l’humidité de s’échapper. Seule la VMC, si elle est présente et fonctionne, permettra d’en évacuer une partie. Mais vous ressentirez de l’inconfort. Les murs doivent donc permettre à l’humidité de s’échapper et les isolants doivent donc pouvoir effectuer cette tâche sans perdre de leur efficacité.

Il est donc important de comprendre la différence entre un isolant minéral et un isolant végétal.

L’isolant minéral est composé de fibres minérales (fibres de verre par exemple) et d’air. C’est cet air qui donne son pouvoir isolant au complexe d’isolation. Lorsque l’humidité traverse l’isolant, elle vient en remplacement de l’air. Moins d’air, donc moins de pouvoir isolant… Une laine minérale qui devient humide perd tout son pouvoir isolant ! De plus elle va se tasser et ne récupèrera pas son volume initial. Vous l’avez tous constaté dans les combles non aménagés…

Pose de panneaux de chanvre-lin-coton en sous-toiture.

L’isolant végétal est quant à lui composé de fibres végétales (bois, lin, coton,…) et d’air. Là aussi, c’est cet air qui donne son pouvoir isolant au complexe d’isolation. Lorsque l’humidité travers l’isolant, elle va être absorbée par la fibre végétale. L’air reste donc en place et l’isolant conserve ses propriétés thermiques ! De plus la fibre végétale reprend sa forme et le tassement est très peu visible dans le temps.

Bien entendu, si le degré d’humidité devient vraiment trop important (fuite d’eau,…) l’isolant risque de sérieux dommages totalement irrémédiables.

Le type de pose

Enfin, un isolant doit être choisi selon l’élément à isoler. Vous n’utiliserez pas le même élément si vous souhaitez isoler une toiture terrasse ou un mur par l’extérieur, un comble perdu, un vide-sanitaire,…

Les fabricants l’ont bien compris, à chaque support sa spécificité et sa solution.

Sous dalle ou en fondations, vous devrez utiliser des matériaux rigides et imputrescibles (polystyrène, polyuréthane, liège,…). En comble perdu un isolant soufflé est une solution très appropriée. En murs extérieurs sous enduits, les polystyrènes, fibres de bois denses sont des solutions adaptées, en intérieur des panneaux semi-rigides ou souples permettent une pose aisée entre montant bois de maisons ossatures bois par exemple

Isolation en panneaux de polyuréthane sur bac acier.  Revêtement d’étanchéité en EPDM

 

Comme vous pouvez le constater les critères de choix sont très vastes et peuvent vous perdre dans votre décision finale. A vous d’évaluer vos besoins, vos envies, mais en cas de doute, je ne peux que trop vous conseiller de consulter un Architecte d’Aujourd’hui qui saura vous guider et vous proposer les meilleurs isolants répondant à vos critères.

Je vous recommande également un très bon ouvrage qui traite de l’isolation thermique :

« L’isolation thermique écologique » – Jean-Pierre Oliva, Samuel Courgey, aux éditions Terre Vivante.

LE MUR CHAUFFANT BASSE TEMPERATURE

par Thyphaine ROCHER, Architecte d’Aujourd’hui Typhaine-ROCHER-Architecte

 

LE MUR CHAUFFANT BASSE TEMPÉRATURE

Un système de diffusion du chauffage simple et efficace
Une solution intéressante, notamment en réhabilitation de bâti ancien.

Le plancher chauffant, système polyvalent et évolutif, est économique, confortable et repose sur un principe simple et durable : on chauffe un réseau de serpentins en circuit fermé, remplis d’eau, et noyés dans la masse. Cette masse doit avoir une bonne inertie : béton, terre.

Le mur chauffant fonctionne de la même manière.

exemple-mur-chauffant

 

Notions élémentaires du mur chauffant :

  • Un élément chauffant dissipe une puissance proportionnelle au produit de sa surface par l’écart de température entre l’élément et la pièce chauffée.
  • A puissance de chauffage constante, si on veut diminuer la température de départ du chauffage, il suffit d’augmenter la surface du plancher ou des murs chauffants.
  • Les anciens radiateurs nécessitaient une eau à 90°, les radiateurs actuels à 60°, un mur ou un plancher chauffant utilisent de l’eau entre 30 et 40°.

Exemple de convection thermique

 

Les avantages de la basse température  pour un mur chauffant :

  • On limite les pertes dans les tuyaux et dans la chaudière.
  • Plus la température d’émission est faible, plus le chauffage se fait par rayonnement et moins par convection. Ce qui évite la sensation de chaud à la tête et froid aux pieds. Beaucoup de chauffages fonctionnent encore par convection : près du convecteur l’air chauffé, monte dans la pièce, se refroidit au contact des murs et retombe pour être à nouveau chauffé. Ce désagréable mouvement d’air favorise le déplacement de poussières et d’acariens.
  • Le sentiment de confort est bien supérieur avec un plancher ou un mur chauffant, car ce n’est pas l’air qui est chauffé mais directement les personnes et les objets.
    • L’augmentation de la température des murs réduit la température de l’air tout en gardant le même confort thermique.
    • L’air est moins sec et plus sain, donc plus économique et écologique et on peut baisser la température ambiante de 1 à 2° sans perte de confort. Une température intérieure de 1° de moins fait économiser 7% d’énergie.
    • L’inertie du mur permet de stocker plus longuement la chaleur en hiver ou la fraîcheur en été.
    • Les matériaux utilisés généralement pour les murs chauffants sont naturels : terre argileuse, sable, chaux. Ils contribuent à la régulation hygrométrique de la pièce ainsi qu’à l’isolation thermique et phonique.

Diffusion du chauffage dans une pièce

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