Parlons d'Architecture
avec les ARCHITECTES D'AUJOURD'HUI
Point de vue sur l'Architecture

Parlons d’Architecture

Qu’est-ce qui fait une bonne architecture ? Plus simplement, qu’est-ce que l’architecture ?

On peut tenter une définition :

ricciotti

L’architecture, c’est la meilleure réponse possible à 3 questions différentes :

–   un programme : que veut le client ? (appelé le « maître d’ouvrage »),d’une part, quels sont ses souhaits ? (par exemple, une maison, de telle surface, avec tant de chambres, une salle de jeux, etc.),et d’autre part, quelles sont ses contraintes, qui sont souvent les préoccupations d’une époque (par exemple un bâtiment thermiquement performant, avec domotique, etc.)
–   un lieu : où construit-on ?quel est le terrain pour un bâtiment neuf, le bâtiment existant pour une rénovation ou une extension, comment est ce terrain (plat ou en pente ? orientation ? accès ? vue privilégiée ? nuisance éventuelle ? etc.); quel est son emplacement géographique (le climat ? le mode de vie local : ville ou campagne, bord de mer ou montagne, etc.)
–   les matériaux et les techniques dont on dispose, celles de l’époque actuelle : comment construit-on actuellement ?

Tout cela paraît assez simple, c’est une affaire de bon sens. Mais comme souvent, ce qui paraît le plus simple n’est pas toujours le plus évident à concrétiser… heureusement pour les architectes ! pour qui c’est le métier et qui ont la chance d’être nommés « l’homme – ou la femme – de l’art ».
En un mot, une architecture de qualité sera le reflet de la prise en compte des préoccupations d’une époque (début XXI° siècle pour nous), d’un lieu précis (pas de plan « standardisé » passe-partout), et avec une technique de construction contemporaine.

Pas de faux-semblant, de « faux vieux », de décor de théâtre, en un mot pas de qualité dans une architecture de pastiche, étrangère à son époque. Ne serait-ce que parce qu’elle est incapable de prendre en compte les préoccupations actuelles, comme les performances thermiques et énergétiques. Voir pour cela les acrobaties technico-règlementaires pour « intégrer » des panneaux solaires dans une architecture néo-régionaliste, alors que c’est évidemment impossible !
« Nous nous abstenons expressément de toute référence stylistique au passé dans nos bâtiments et nous nous refusons à recourir à des matériaux et à des techniques de construction dépassés. Nous pensons qu’on doit pouvoir déterminer l’époque de construction d’un édifice d’un simple coup d’œil, en raison tant du mode de vie qu’il présuppose que des techniques employées. » Jan Bethem et Mels Crouxels, architectes.

Architecture ultra-moderne… à son époque

architecture-gothique

Il est souvent cité l’architecture gothique comme contre-exemple à opposer à tous ceux qui prêchent l’imitation d’un style ancien. A l’époque (avant le XII° siècle), l’architecture religieuse était romane, sans exception. Puis une nouvelle technique de construction (la croisée d’ogive) a permis de réaliser des églises plus hautes (vers le Ciel), avec des murs vitrés, laissant généreusement pénétrer la lumière divine à l’intérieur, grâce à de superbes vitraux. Bien sûr, il a fallu des colonnes pour remplacer les murs, et même des contreforts extérieurs pour tenir l’édifice. Mais quel progrès ! Horrifiés par ces constructions ultra-modernes, on les a traitées par la suite « d’architecture de barbare », de « goth ». D’où leur nom, par dérision.

Qui accepterait maintenant de démolir la Sainte-Chapelle, 1° merveille gothique en France, au nom du rejet du modernisme ? Et quelle ironie de l’histoire que ces cathédrales, conçues sur le même principe que bien des constructions du XX° siècle : structure apparente, parois largement vitrées, technique totalement nouvelle…

Chefs-d’œuvre d’architecture

Voici 2 exemples d’architecture mondialement admirées : la maison Kaufmann de Franck Lloyd Wright (la « maison à la cascade », peut-être la plus belle maison au monde) et la villa Savoye de Le Corbusier, classée monument historique dès 1964, du vivant de son auteur, fait rarissime.

Chacune est une réponse à un programme, à un site, à une époque.

Le corbusierfranck-lloyd-wright

Le Corbusier

 

 

 

Franck Lloyd Wright

 

 

 

 

 

Et quelle réponse ! Quelle intégration superbe pour la maison à la cascade ! quelle innovation pertinente pour la villa Savoye !

Un détail troublant : l’une et l’autre ont été conçues il y a plus de 80 ans !

et l’on parle toujours de maisons « modernes »… ce qui n’est pas très gratifiant culturellement parlant pour l’époque actuelle !

 

Niemeyer

Oscar Niemeyer

Autre exemple de maison célèbre, la villa Canoas d’Oscar Niemeyer, le grand architecte brésilien de Brasilia. Cette maison a été réalisée en 1953, il y a près de 60 ans…

La « partie nuit » est encastrée dans la colline ; la « partie jour » est faite de transparence, avec une couverture en béton de forme libre, en écho au paysage minéral alentour. Comme dans la maison à la cascade de Franck Lloyd Wright, la roche affleurant la surface du terrain se retrouve également à l’intérieur.

Exercice parfait de prise en compte du programme, du site et des techniques de construction de son époque.

 

 

Intégration au site à tout prix ?

 L’intégration au site est maintenant une préoccupation mise en avant par les règles d’urbanisme. C’est souvent est bonne chose pour la préservation des paysages, mais est-ce pour autant une règle à appliquer aveuglément à chaque projet ?

Nous ne le croyons pas, pour 2 raisons :

–    un bâtiment contemporain n’est pas forcément une nuisance dans le paysage, il peut trouver sa place sans mimétisme avec son entourage ou sans copie du passé. Modifier n’est pas forcément affaiblir. Pour reprendre l’exemple du gothique, Notre-Dame de Paris, quand elle a été construite, ne s’inscrivait pas du tout dans le paysage : taille importante de la bâtisse et rien de gothique autour d’elle. Qui, maintenant, trouverait qu’elle ne fait pas partie du paysage de l’Ile Saint Louis, qu’elle n’est pas « intégrée » ? Devant un projet contemporain, quelle qu’en soit l’époque, il faut mettre de côté notre attachement à l’état initial du site, car ce n’est qu’une réaction infondée. Rappelons-nous par exemple, les pétitions, à l’époque, pour démolir la Tour Eiffel…

–    un bâtiment contemporain peut, au contraire, modifier le paysage en le valorisant. Un exemple évident est la construction du Mont Saint Michel. Le site n’est que lignes horizontales, et le Mont, par ses verticales en contraste parfait, équilibre et valorise ce qui est maintenant un des plus beaux paysages du monde.

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