Une maison peut en cacher une autre

Cette image que l’on nous véhicule depuis tant d’années et maintenant quasi obsolète…

De quoi, est-ce que je vous parle ?
De construire une maison neuve.

Pourquoi est-ce que je vous annonce cela de but en blanc ?
C’est que l’urgence climatique est là.
Faisons un point sur la rénovation d’une maison pour lui insuffler une seconde vie !

L’architecte à contre courant… ou pas

J’aime être le trublion de service et toujours avancer vers d’autres contrées inexplorées.
L’architecture est là depuis de millénaires et nous faisons de notre mieux pour apporter des réponses claires aux divergences d’intérêts et de points de vues.

Notre métier d’architecte est là pour vous apporter des réponses,pour sécuriser les choses, tout en ayant un regard permanent sur le compteur du budget.
Et oui, cela fait aussi parti de ce que nous proposons en tant qu’architecte d’aujourd’hui

Mais adhérer à une démarche, ne signifie aucunement rester les deux pieds dans le même sabot, alors mettons nos chaussures de courses et faisons un bout de chemin ensemble.

Regardons la maison sous un autre prisme, que celui que l’on essai de nous implanter dans les esprits (bien malgré nous).
Certes, il est fort agréable de n’être qu’un consommateur et de n’avoir qu’à se laisser porter par les sirènes de ceux qui vous disent qu’ils font tout pour vous…. (mais n’oubliez pas de signer le CCMI en bas).

Donc nous architectes faisons du conseil, notre première mission !
C’est ce que je vais faire ici même, vous conseiller

Qu’est-ce qu’une maison existante peut apporter ?

En ces temps d’évolutions technologique et d’augmentation drastique de la pollution de notre environnement, agir en limitant notre impact est un geste quotidien.
Cela implique l’habitation et bien évidemment l’achat initial.

Neuf ou pas neuf ?

Une maison existante a le gros avantage de permettre de limiter son impact CO2 de départ étant donné que le gros œuvre ou le hors d’eau/hors d’air est déjà bâtit.
Son impact en réutilisant est donc réduit, le fait de partir sur une maison existante réduira considérablement vos émissions.
Ce qui est bon pour vous et pour les générations à venir.

Car si vous visez l’achat d’une maison, c’est certainement que vous évoluez dans votre vie et avez en tête une envie particulière.

Ceci pour vous dire que dans les choix à faire, construire du neuf n’est pas forcément logique, surtout en zone tendue.

Le neuf est certes aux normes du moment, mais le restera-t-il longtemps ?
La RE2020 (nouvelle réglementation environnementale 2020) arrivant se substituant à la RT2012 que vous connaissez certainement à présent, va imposer une ACV.
Une ACV correspond à l’acronyme de Analyse du Cycle de Vie du bâtiment, ce qui impliquera de voir quel impact ce projet aura sur son environnement.

En partant sur un projet neuf, il y aura un très grand nombre de données à intégrer, alors que l’existant sera plus simple étant donné que l’intervention sur celui-ci sera plus limité.
Ainsi, en limitant les dépenses initiales, vous répercuterez le budget sur des postes plus importants à vos yeux.

Démolir pour reconstruire, pas cohérent alors ?

Et bien vous avez tout saisi, il est inutile de démolir pour reconstruire.
Il faut réfléchir et ne pas dilapider le budget.

La grande crainte de nombreuses personnes achetant “de l’ancien” est de devoir dépenser plus qu’en construisant du neuf.

C’est en cela que les architectes d’aujourd’hui ont une carte à jouer pour vous !
Nous sommes des spécialistes de la cohérence globale et de l’analyse globale.
C’est pour cela que pour un projet de rénovation , il est plus que conseillé de missionner un architecte à vos côtés.

Il prêche pour sa paroisse

C’est très certainement ce que vous êtes en train de vous dire en lisant ces quelques mots, alors prenons un peu de recul et analysons ensemble.

Qui est le mieux à même de synthétiser toutes les données ?
Le maçon ?
Le copain qui a rénové sa maison seul en galérant durant des mois ?
Le maitre d’œuvre d’un ami qui est très peu cher, mais qui ne prend aucune responsabilité (et qui touche certainement de l’argent des entreprises qu’il missionne) ?
Le forum Facebook qui est très sympathique au demeurant, mais qui ne voit pas tout et qui ne s’engage en rien ?

Vous pourrez faire le tour de toutes les autres solutions, l’architecte reste le professionnel le plus compétent pour être à vos côtés, pour analyser et défendre vos seuls intérêts.

De plus, un architecte voit loin ! Même plus loin que vous ne l’imaginez
En dessinant un projet, nous architectes, avons souvent en tête une possible évolution, une extension, une restructuration, pas un simple “One Shot” (Tir unique).

Ce qui permettra de découvrir par la suite qu’une maison peut en cacher une autre, même en partant d’un existant.
Une maison que j’appelle, la maison à tiroirs ! Elle peut encore évoluer dans la limite de la réglementation bien évidemment.

Sur ces quelques mots, je vous propose que nous échangions sur le sujet et dites moi ci-dessous dans les commentaires ce que vous en pensez et si vous êtes d’accord avec moi !

Arrêtez de vous cacher derrière une fausse image et engageons une réflexion pour votre bien être pour des années et des années …

Partagez le:

7 questions sur “Une maison peut en cacher une autre

  1. Bonjour,

    On habite actuellement une grange de 8mx8m avec étage. Il n’y a pas de combles, donc l’étage donne directement sous le toit. On perd beaucoup de surface à l’étage, les murs latéraux ne font que 1m20 de haut.

    On envisage d’agrandir cette grange. On hésite entre plusieurs solutions :

    . La première solution consiste à juxtaposer à l’arrière un bâtiment avec étage (6mx10m), avec au RDC un grand garage 2 places + une grande remise de jardin non communicante avec la maison.
    Avantage : c’est une solution économique puisqu’on ne touche pas à la partie existante (à part rajouter de l’isolation un peu partout).

    . La seconde solution consiste à surélever aussi le toit de la grange pour disposer de plus d’espace, et pouvoir créer des ouverture pour la lumière (actuellement uniquement de grandes fenêtres sur la façade principale)
    Avantage : la toiture est vieillissante, ce serait peut-être l’occasion de la refaire.

    . La troisième solution serait de ne garder que les murs et le plancher à l’étage de la grange et de tout refaire à neuf (en gardant la forme de la grange qui fait très ‘chalet’), et en rallongeant le bâtiment à l’arrière pour avoir au final une surface d’environ 160m2 habitables.
    Avantage : grande maison bien isolée, neuve.

    On a le budget pour chacune des solutions. Mais on a aussi besoin de restaurer une petite maison de plein pied (60m2) en ruine, et si on dépense tout sur la rénovation de la grange on ne pourra plus réhabiliter la ruine.

    Ma question : Surélever la toiture est-ce une solution économiquement viable dans ce contexte ? J’ai peur qu’elle ne consomme à elle seule une trop grosse partie de notre budget. Mais elle permettrait aussi d’améliorer l’isolation actuellement nulle.
    Avez-vous une estimation (grossière) des prix en proportion ? Si solution 1 = 100, combien se chiffreraient les solutions 2 et 3 ?

    Merci.
    Cordialement

    1. Bonjour Gfurne,

      Il est très compliqué de répondre à votre question étant donné qu’il faut analyser plus de paramètres vis à vis de l’existant, comme l’état des éléments structuraux, les objectifs des pièces à créer en haut, etc…
      Une étude de faisabilité permet de cibler et d’en sortir un budget estimatif par option.
      Donc la solution la plus appropriée, serait de missionner un architecte afin qu’il effectue cette première phase avec vous et vous fournisse une enveloppe la plus réaliste possible.
      Je vous dis cela car les fourchettes, prix/m2 à la louche et autres sont mauvaises conseillères, si vous souhaitez prendre une décision en ayant les tenants et aboutissants, l’étude de faisabilité est LA solution.

  2. Bonjour Mr Espagno et merci,
    En effet il est possible techniquement d améliorer l accès (escalier trémie ) ,
    la maison est une longère ,
    la partie habitable de l étage en question est isolée ,c est un couloir central de 0.80m de large environ par 1.80m de HT , avec une sous pente de chaque coté sur toute la longueur de la maison ,il y a aussi un plancher bois .
    Est elle dans un des cas ?
    Il faut probablement une idée plus précise des dimensions ?
    Merci .

    1. Bonjour, si seul un couloir assez étroit et dont la hauteur dépasse à peine la hauteur minimale pour considérer la surface comme étant habitable, couloir desservant uniquement des combles sans aucune surface “où l’on réside” qui aurait cette hauteur minimale, je pense que ce n’est pas de la surface habitable, d’après ce que j’ai pu lire comme jurisprudence. En effet, la justification de l’existence du couloir, son seul usage, est d’accéder à des surfaces non-habitables.
      Mais on est là dans l’interprétation personnelle, les textes ont toujours une limite d’application et des avis peuvent toujours diverger (même si on aurait du mal à considérer ce couloir comme étant habitable).

  3. Bonjour
    Une amie s apprête à acheter un bien immobilier (maison indépendante) La maison comptabilise 5 m2 dans les combles qui ne sont accessibles que par une échelle et trappe….Peut on considérer que ces mètres carré en l’état font bien partie de la surface habitable en raison de ce type d’accès compliqué. Merci beaucoup pour votre réponse.
    Très cordialement

    1. Bonjour, non, l’accès actuellement compliqué ne déclasse pas la surface en m² non habitable, sauf s’il était impossible techniquement ou juridiquement d’améliorer l’accès (et je ne vois pas pourquoi ce serait impossible…).

      Pour que ce ne soit pas habitable, il faut que :
      – ou les lieux sont inutilisables : par exemple, une charpente de fermettes où les fermettes elles-mêmes empêchent tout utilisation, ou bien une hauteur sous plafond inférieure à 1,8 m, une fois un faux plafond fait. Par exemple, si vous avez 2 m de haut sous la toiture, mais qu’il faut isoler avec 30 cm d’isolant, ça ne fera plus que 1,70 m de haut, donc inférieur 1,80 m, donc pas habitable.

      Précision importante : en cas de plafond rampant, si la surface effectivement supérieure à 1,80 est très faible et surtout “non utilisable” telle quelle, elle ne comptera pas non plus : par exemple, une pièce presque toute inférieure à 1,80 m, sauf une bande de 50 cm contre un mur, là où c’est le plus haut. On considère alors qu’une bande de 50 cm, comme une sorte de couloir très étroit même si c’est ouvert sur la pièce, n’est pas utilisable, donc l’ensemble de la pièces est non-habitable, y compris la petite partie étroite > 1,80 m.

      – ou la paroi basse ne peut pas servir de plancher, car on ne peut pas marcher dessus. Par exemple, un simple faux-plafond suspendu : au-dessus, ça ne peut pas être de la surface de plancher, puisqu’on ne peut pas y aller physiquement.

      Il faut voir si ces 5m² correspondent à l’un de ces 2 cas. A mon avis, 5 m² pas trop allongés (si c’est le cas) peuvent être considérés comme surface de plancher.

Votre question ou commentaire